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Un risque peut en cacher un autre !

dimanche 6 janvier 2008 par Christine N3

Ce dimanche d’août, nous avons décidé de plonger en étanche. Nous sommes trois et avons planifié une ballade maintes fois réalisée, d’une profondeur de 50 m maximum et d’une durée de 50 min.

Après le traditionnel café sur la terrasse de la plage de Boudry, nous nous équipons sur le parking situé à quelques dizaines de mètres du lac de Neuchâtel. Un peu plus tard au bord de l’eau lors du contrôle de l’équipement, je constate que j’ai laissé mon masque sur le parking. Mes binômes doivent patienter et cela me contrarie.

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Le départ de la plage de Boudry

Au moment de la mise à l’eau, nouvel imprévu, de grosses bulles signalent que l’inflateur fixé à ma combinaison étanche fuit. Malgré cet incident, je décide de ne pas renoncer à la plongée, mais dans ma tête s’inscrit le souci de la fuite d’air.

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Mon inflateur fuit
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Cette fuite me rend soucieuse

Mon binôme ferme alors le robinet sur lequel est fixé l’inflateur de la combinaison étanche. Une seule sortie suffira et je m’équilibrerai avec le gilet uniquement. Mon binôme insufflera de l’air à ma demande lorsque la pression deviendra inconfortable. A 10 m, puis 20, 30, 40 m de profondeur, il m’injecte de l’air. Excellent exercice, tout va bien.

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A plus de 40 m dans les eaux du lac de Neuchâtel

A 48 m, juste avant d’entamer la remontée, je regarde le manomètre :
il indique 0 bar ! Je n’ai plus d’air !

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Il affiche désespérément "0"

Les yeux écarquillés, je fonce montrer le manomètre à mon binôme qui me tend immédiatement son détendeur de secours. J’inspire à fond mais je bois la tasse. Je reprends mon détendeur qui me donne encore de l’air puis refais une tentative sur son secours. Je rebois la tasse.
Que se passe-t-il donc ?
J’ai pourtant fait cet exercice maintes fois. Je suffoque puis reprends mon détendeur qui donne toujours de l’air. Je peine à reprendre mon souffle, je m’efforce de ralentir ma respiration. Je cherche à clarifier mes idées, le manomètre est-il hors d’usage ? _Je fais signe de vouloir remonter le long de la pente mais mon binôme me retient fermement au fond et me montre le cadran qui tout à coup indique 120 bar. Je ne comprends pas mais je vois que j’ai de l’air.
Nous entamons enfin la remontée et j’ai envie d’accélérer. A ce moment je capte son regard menaçant qui en dit long sur l’intensité du moment. Nous sommes encore à plus de 40 m et à chaque inspiration je m’attends à la panne d’air. Mon manomètre signale à nouveau 0 bar. Un détail technique m’échapperait-il ?

A 25 m je me détends enfin et le raisonnement redevient possible.
Maintenant tout s’éclaircit, c’est si simple après coup. Nous revenons tranquillement par l’herbier à 5 m. La plongée aura finalement duré 30 minutes.

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L’herbier et ses habitants

Le troisième de palanquée resté spectateur attend des explications. Il a vu qu’il se passait quelque chose, mais quoi au juste ?

Dans l’eau, les pieds encore palmés, nous énumérons les facteurs à risque qui se sont enchaînés :

  • Pour commencer, un stress anodin provoqué par l’oubli du masque qu’il faut retourner chercher et les copains de palanquée qui attendent.
  • Puis, juste après, le constat de la pièce défectueuse, la fermeture d’un robinet qui marque dans ma tête la crainte du manque d’air et la dépendance à mon binôme afin d’en recevoir pour la combinaison étanche.
  • Plus tard encore, l’ivresse des profondeurs qui engourdit mon esprit et le choc de voir le manomètre indiquer 0 bar.

Un fait important m’échappait alors : il indiquait 0 bar car il était fixé sur le robinet fermé ! Je n’étais plus non plus en mesure de comprendre que mon binôme avait ouvert puis refermé le robinet pour me montrer que j’avais bien de l’air. J’ai pris ensuite le détendeur de secours à l’envers et finalement j’ai suffoqué.

Pendant ma formation, j’avais appris qu’à chaque plongée il faut s’attendre à toutes les éventualités et qu’il faut à tout prix garder son calme. Voilà qui est vérifié !

Une heure après, sur le parking, notre plongée alimentait les conversations et le verre de blanc était particulièrement apprécié.


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