Catégorie dans Récits et nouvelles

L’Estartit 2019

Le voyage

Comme tous les deux ans depuis une vingtaine d’années, le voyage club se déroule en Espagne à l’Estartit.

C’est ainsi que samedi 8 juin, 7 h trente tapantes, 30 aquasportifs et sportives ainsi 5 accompagnateurs se retrouvaient dans un car confortable. Heureusement qu’il l’était, les bouchons du weekend de Pentecôte nous ont permis d’y passer plus de 12h… l’excellente ambiance nous fait paraître le temps beaucoup moins long.

Vers 20h, nous arrivons à l’hôtel Panorama que, pour beaucoup, nous retrouvons comme nous l’avons laissé ; toujours aussi sympa, ses grandes chambres, son buffet, son bar…

Sous l’eau

Après une nuit réparatrice, ce fut le premier d’une série de petits-déjeuners copieux où les associations boudin, merguez, œuf et lard étaient courantes. Ensuite, nous avons transféré le contenu de nos sacs de plongée dans des caisses numérotées et en route pour la plongée n°1/10.

Nous avons plongé sur la côte et sur les îles Medes. Si ces dernières sont plus riches en faune, l’effet réserve naturelle se fait bien sentir le long de la côte. De l’avis unanime, toutes les plongées étaient intéressantes. Les plus courageux ont pu faire une plongée de plus. Les absents ont eu tort, ce fut l’une des plus belles sorties du séjour. Les barracudas et les mérous chassaient un ban de sardines, le spectacle était géant.

Le luxe…

Pour ceux qui ne connaissent pas, un petit déroulé d’une plongée type :

A l’heure du rendez-vous, nous nous retrouvons au pied de l’hôtel. Nous récupérons nos combinaisons sèches dans le local de rinçage/séchage où elles nous attendent. Nous chargeons nos caisses de matériel dans le camion et ensuite, un petit km pour retrouver le bateau, récupérer les caisses, les blocs et les charger à bord. C’est le départ vers le site de plongée. Une fois sur place, Jordi nous fait un briefing détaillé. On s’immerge, on se promène et on revient au bateau. Une fois arrivé, deux par deux, il suffit de se positionner sur l’ascenseur, de se cramponner et de se laisser remonter à bord. Et là, cerise sur le gâteau, vous avancez votre palme, Jordi, vous l’enlève, fait la même chose pour la seconde et vous les donne, pas besoin de se baisser, le grand luxe ! Ensuite, retour à terre, chargement des caisses et des blocs dans le camion, retour à l’hôtel, on décharge, puis bar et buffet.

De l’importance du briefing !

Un conseil, écoutez toujours bien les briefings. J’avoue, je l’ai fait un jour d’une oreille distraite ce qui fait que ma binomette et moi sommes sortis sous le parachute à 500 bon mètres du bateau. Nous avons ainsi pu expérimenter le remorquage par le zodiac de sécurité. Nous avons été accueillis à bord par les moqueries et les bons mots de nos chers amis du club… Un certain sentiment de honte nous avait envahi.

Heureusement, l’après-midi même, d’autres ont battu notre record. En effet, ce sont 7 plongeurs et plongeuses que le zodiac a ramenés soit à bord soit à la remorque. Ils sont juste sortis du mauvais côté de la petite île… Par pudeur je ne donnerai pas de nom, je ne voudrais pas embarrasser le président, le président d’honneur, le responsable de la formation, la trésorière, etc. Côté, honte, en ce qui me concerne, ça allait nettement mieux !

La convivialité

Patricia et Bruno nous ont organisés, tous les soirs, sur la plage, quand le temps le permettait, un apéritif de première classe. Ils ont même réussi à nous trouver une salle le soir où il a plu. Ces moments de convivialité sont irremplaçables et participent pleinement à un voyage club réussi

Le retour

Les meilleurs choses ayant une fin, il a bien fallu se résoudre à reprendre le bus pour rentrer. Toujours dans une excellente ambiance, même si la fatigue (et quelques excès pour certains (es)) a fait que la somnolence a rapidement calmé les ardeurs.

Au moment de se dire au revoir sur le parking de l’autoroute, une seule question fusait : « on y retourne bien dans deux ans hein ? »

Daedalus : A la rencontre des requins-marteaux

Certains sites de plongée font immanquablement rêver les plongeurs. Des noms qui reviennent et qui sont partagés entre initiés, comme une promesse de trésors fantastiques. Daedalus Reef en fait partie.

Situé au milieu de la Mer Rouge, entre Egypte et Arabie Saoudite, ce petit récif isolé (environ 400 m de longueur pour 100 m de largeur), se rejoint après de nombreuses heures de navigation. C’est au mois d’octobre 2018 que je m’y suis rendu, au cours d’une croisière plongée « BDE » (îles Brothers, récif de Daedalus, et récif d’Elphinstone). La première vue sur le récif est impressionnante : nous sommes au milieu de la mer, et son phare bicolore blanc et noir se détache nettement de l’horizon. Le 1er phare (1863) a été construit par des français ! Il est maintenant occupé par des militaires, qui s’amusent de la présence de touristes, et leurs vendent des T-shirts.

La plongée est très simple : mise à l’eau à partir des semi-rigides, sur la face Nord du récif, celle exposée au courant, et palier de désaturation contre le tombant. Aucun difficulté d’orientation, ma palanquée et moi-même avons prévu de rester dans une position fixe, à -40 mètres de profondeur. La principale règle de sécurité spécifique à ce spot est répétée plusieurs fois par Ali, notre guide de plongée égyptien : Ne jamais perdre de vue le tombant. En effet, le courant reste fort, et peut entraîner au large rapidement un plongeur.

Les premières minutes s’écoulent lentement. Le tombant Nord est vertigineux (environ 80 mètres), mais déborde moins de faune et de flore que d’autres spots. Cependant, au bout de 5 min, une ombre apparait à 10 mètres sous ma palanquée : un requin gris de récif passe furtivement juste en-dessous, sans s’attarder. C’est déjà un bon début ! Les minutes continuent de s’écouler, et par 40 mètres de fond, il est facile de se laisser hypnotiser par le grand bleu du large. Quand soudain des mouvements de bras d’autres plongeurs donnent le signal : des requins-marteaux sont en train d’apparaître ! 1, 2 puis 3… je dénombre une douzaine d’individus au total, tournoyant autour de nous !

Les requins-marteaux passent de plus en plus près des plongeurs, parfois juste à quelques mètres. Avec un point de vue anthropocentré, il est facile d’imaginer de la curiosité de la part de ces animaux envers nous. En réalité qui sait quel comportement les anime ? Alors que le spectacle continue, une raie-manta, majestueuse, traverse notre palanquée. Quelle sensation !

Les requins s’éloignent maintenant. Et la pression de Nitrox restante dans nos bouteilles sonne le signal de la remontée. Quelques minutes de paliers de désaturation plus tard, nous émergeons hors de l’eau, les yeux brillants, convaincus d’avoir vécu un moment unique.

C’est pour vous si :

  • Vous aimez les requins,
  • Vous ne craigniez pas le grand bleu, ni la profondeur,
  • Vous êtes N2 confirmé minimum

Raid Hand’Forts 2017, l’Aventure Humaine et Sportive.

Ma première participation au raid Handi’ Forts 2017

L’envie

Cela fait 2 ans qu’Hervé (Gugu) participe à cette aventure et 2 ans que je le rejoins sur quelques points du parcours pour l’encourager lui et son équipe.

2 ans qu’à la fin de chaque édition, je sens cette atmosphère spéciale qui me fait dire : « j’ai envie, moi aussi, de participer et de vivre cette aventure extraordinaire ! » et puis….. je doute, je ne veux pas être un poids supplémentaire pour l’équipe.

Ça à l’air déjà suffisamment ardu, je n’ai pas les capacités physiques. Alors, je laisse ma place et je mûris tout cela.

Et puis cette année l’Aqua Sport Comtois est à nouveau engagé dans le Raid et Gugu est sollicité. Il demande si d’autres membres du club veulent participer.

Il laisse volontiers sa place pour que d’autres profitent de l’expérience mais personne ne se manifeste. Tant pis pour eux.

Gugu ne renonce pas et s’inscrit et comme il faut une seconde personne pour représenter les sportifs et l’ASC je me lance avec l’appréhension de ne pas être à la hauteur. Mais comme l’envie est tellement plus forte, alors j’y vais et nous verrons bien !

L’équipe

Pour être complète, l’équipe est constituée de 2 membres d’une entreprise, 2 membres d’une association et de 2 personnes « handicapées ».

Avril 2017 : première réunion au Palais des Sports pour la présentation de l’édition aux participants et présentation des équipes.

Qui vont être nos co-équipiers ? Chacun se scrute, quelques-uns se connaissent déjà. A quelle sauce va-t-on être mangé ?

Nans arrive, puis Paul et ensuite Denis. Tous « valides ». Il manque Gwenaëlle. C’est surement elle la personne « handicapée », mais qui est la seconde ? On finit par se présenter les uns aux autres.

– Nans, CCAS de Besançon, 1ère participation, un peu « touche à tout au niveau sportif », nous informe que sa collègue, Gwen, ne pourra pas être présente, mais qu’elle a déjà participé au raid Handi- Forts. Hervé pense la connaître : elle est valide et … sportive.

– Denis nous est présenté rapidement par son éducateur. C‘est donc lui la seconde personne « handicapée »…. Quel est donc son problème ? Vraisemblablement une petite « déficience mentale », mais l’éduc ne s’étend pas sur le « problème » de Denis, ni sur son parcours.

Denis est un peu timide au début. On ne l’entend pas trop, mais au fur et à mesure du week-end, il est de plus en plus à l’aise.

Peut-être avons-nous réussi à le mettre en confiance ? Il pique des fous-rires, est toujours volontaire pour les activités proposées et avance à son rythme sans rechigner ni se défaire de sa bonne humeur et… de son sac à dos. Ah, son sac à dos … Il a dû mettre toute sa vie dans ce sac.

Il pèse une tonne, mais rien à faire, il ne veut pas s’en défaire.
Ça doit le rassurer.

On devra user de stratagèmes tout au long de ces 2 jours pour pouvoir le porter à sa place et le soulager un peu… Mais dès qu’il en a l’occasion, il nous le reprend et rigole !

– Et puis, il y a Paul, jeune homme d’une trentaine d’années, tout frêle, une allure de sportif, et un large sourire qui lui illumine le visage.

C’est lui qui nous questionne : « Vous faites partie de quelle association ? La plongée. Super, j’aimerais bien mais je ne sais pas trop bien nager et je m’essouffle vite, et puis l’eau de piscine c’est compliqué pour moi. Trop de bactéries.

Ça peut m’être fatal avec LA maladie ! ».
Maladie ? Quelle maladie ? De quoi il parle ? Il enchaine sans se défaire de son sourire. Ce sera la seule fois qu’il évoquera la maladie. « Vous pratiquez d’autres sports ? ».

Gugu lui explique qu’il a découvert le trail et qu’il commence à bien accrocher et à prendre du plaisir. Paul lui répond que lui aussi il court un peu et qu’il fait du vélo un peu. Renseignements pris, il s’avère qu’il a relié à vélo Besançon et la Pointe du Raz dans le Finistère, et qu’il a fait 2 fois déjà le Marathon de Paris en 4 heures… un exploit avec la maladie.

Il nous apprend que dernièrement il a gravit le Mont Blanc, mais qu’il a renoncé à quelques mètres du sommet (4500 m et le sommet est à 4809 mètres). Il ne nous dit pas que les conditions météo étaient mauvaises, juste qu’il a dû abandonner. Nous, supers admiratifs nous le félicitons de son exploit. Non, lui, il ne retient que l’échec et pas la performance. Il va recommencer l’an prochain, il s’entraine et cette fois, il ira au bout, au sommet…

Mais c’est qui cet EXTRATERRESTRE ?

Paul, atteint de la mucoviscidose depuis qu’il est bébé a une capacité pulmonaire réduite à 55 %. Et vlan ! Première grande claque ! Le mec, il a « qu’un poumon » et il court des marathons, gravit le Mont-Blanc…
Paul ne s’attarde pas sur son état de santé, ni sur ses performances…

La maladie, ce n’est pas la sienne, il vit avec, c’est tout. Il est comme tout le monde. Sauf, que ce grand bonhomme a un courage énorme. Il bouffe la vie et en apprécie chaque instant sans jamais se plaindre. Il avance dans la vie comme dans ses défis sportifs : un pas après l’autre, au mental d’acier et il reste humble, accessible, et à l’écoute des autres.

Quelle leçon de vie ! Il force, malgré lui, l’admiration. Paul est un GRAND petit homme !

Les présentations faites, je me dis qu’il va falloir se surpasser, tout donner, sans jamais flancher. Tous les 6 nous formerons une sacrée équipe de winners. Pas besoin de joëlette, de hand-bike, ni de tandem. Tous les membres sont autonomes. On regarde autour de nous et on pense avoir un grand avantage sur les autres équipes… moins valides…
On va tout déchirer.

Au final, on terminera 12ème sur 24 équipes engagées, et devant nous des équipes hautement plus « handicapées » (mal voyant, para- tétraplégique, trisomique)…

Comme quoi ! Il n’y a pas que le physique dans la vie !!! A chacun ses compétences et quand elles sont mises en commun, ça peut faire mal !

L'équipe

De gauche à droite : Nans, Denis, Gwenaëlle, Jacotte, Gugu, Paul

L’aventure sportive…

Tout au long du week-end, nous participons à des ateliers sportifs et culturels, qui nous permettent, à travers le dédale du Raid, de découvrir Besançon et ses trésors. Des quiz sur l’environnement, l’architecture, l’histoire, l’art, l’évolution de l’aménagement de la ville font aussi partie des épreuves.

L'aventure sportive

Une concurrence taquine entre les différentes équipes est perceptible. On se donne de fausses informations, de fausses directions ; bref, on travaille la « concurrence » sur le mental. On développe gentiment des astuces, de la propagande pour faire douter « l’adversaire ». Cela reste bon enfant, on redevient de grands gamins… On chuchote, on regarde ailleurs, on se vante d’être invincible. On essaie de tricher, un peu, aussi. Mais surtout, et c’est l’essentiel, on s’amuse et on se marre !

Les différents ateliers sportifs (tyrolienne, escrime, tir à l’arc, dragon boat, basket fauteuil, ping-pong, football américain, tir à la carabine, base ball…) sont adaptés pour que TOUS les membres des équipes participent, valides comme handicapés.

Et pour « corser » certaines épreuves -ou plutôt nous faire apprécier les difficultés du handicap-, les valides sont mis en situation de handicap : basket fauteuil, tir à l’arc à l’aveugle…

Nous découvrons ainsi que la plupart des sports sont accessibles à tous, il suffit simplement de les adapter. Là encore, la concurrence est rude.

Raid Handi'Forts 2017

Pas d’enjeux réel dans cette « compétition » mais chacun veut en découdre avec les autres et avec lui-même. Ça «chambre » pas mal. Personne ne lâche rien, et personne ne se fait de cadeaux. On veut gagner, marquer le plus de points possibles, vaincre… mais toujours avec un bon état d’esprit, de camaraderie, de convivialité.

L’enjeu n’est pas la victoire, mais le dépassement de soi.

…et l’aventure humaine

Avant tout c’est cela le raid Handi-Forts, une aventure humaine chargée en émotions qui fait s’interroger sur ses états d’âme, sa perception de la vie et des autres, sur la notion de différence et en un mot, sur la tolérance.

Car oui, le parcours sportif est difficile, mais tout le monde s’entraide, pas seulement au sein de l’équipe mais de concert avec les autres équipes. En cas de difficulté technique, il n’y a plus de concurrent, mais des amis qu’il faut aider pour aller plus loin dans l’aventure, pour s’enrichir de cette hargne à vouloir mordre la vie à pleines dents. Oui, c’est dur mais personne ne se défait de son sourire, et on rit, on rit de partout.

L'aventue humaine

Tout au long du raid, nous sommes chouchoutés par les BENEVOLES, sans qui l’aventure ne pourrait pas exister. Ces bénévoles nous nourrissent, nous font traverser en sécurité, nous expliquent patiemment les épreuves et cela, toujours avec le sourire, un petit mot gentil, des encouragements, des interrogations sur notre niveau de fatigue, notre motivation. Ils se comportent en véritable « maman » toujours au petit soin.

Ils nous dorlotent, nous cajolent, font passer les autres avant eux, donnent de leur temps et de leur personne.
Dimanche en fin d’après-midi, on passe la ligne d’arrivée. L’émotion est forte. Je sens les larmes qui montent, la gorge qui se noue. La joie et la tristesse se mêlent.

Cette belle aventure est finie. Toute cette chaleur humaine, cette famille vont me manquer. Mais je me sens riche, vivante.
Toutes les équipes se regroupent pour le classement et la remise des « trophées ». Denis repartira avec… dans son sac à dos… la coupe tant méritée et convoitée.

Et la musique se lance, c’est l’heure de la Flash Mob. Valides, handicapés, bénévoles, spectateurs, tous dansent ensembles.

Pour conclure, le RAID HANDI-FORTS, c’est : la chaleur humaine, le partage, la tolérance, le dépassement de soi. Bref c’est formidable. Ça bouscule, ça chamboule, ça remet en question. Mais cette aventure vaut vraiment le coup d’être vécue. Alors vivement l’édition 2018, et cette fois je ne suis pas sûre de vouloir laisser ma place…

BOUFFER LA VIE à 200 % et ne pas juger les gens sur ce qu’ils paraissent être mais sur ce qu’ils sont !

Raid Handi'Forts 2017

Jacotte – équipière CCAS/ ASC 2017

Dans un monde sans bulle

Compte-rendu du stage recycleur effectué à Thonon les 22/23 et 29/30 Novembre 2014

Par Jean Christophe Chevreau E3 moniteur NITROX et PLONGEUR RECYCLEUR

Jean-Christophe E3

Après moultes interrogations sur « plonger différent », je me lance dans l’achat coup de tête d’un recycleur semi-fermé DOLPHIN DRAEGER. Me voilà donc avec la machine à la recherche d’une session de formation. Après deux ou trois échanges avec Jacques, MF2 moniteur recycleur sur Annecy, le rendez-vous est pris les deux dernières semaines de novembre au Club Subaquatique du Léman (CSL) à Thonon. Nous serons trois élèves: Christophe, E3 et Président du CSL, Stéphane (N3) adhérent au CSL et ingénieur en mécanique des fluides et moi.

Premier week-end : L’initiation

Nous y sommes ! Christophe nous accueille chaleureusement et s’empresse de lancer les gonflages. Ça pulse d’entrée! Stéphane démarre la cafetière. Avec Jacques, nous déchargeons les caisses de matos, tout le monde s’active. Ni une ni deux, on attaque le montage des machines, c’est germanique, ça clipe et déclipe, impossible de monter l’appareil en se trompant, tout est détrompé. S’ensuit le remplissage des scrubbers (1), le test d’étanchéité, la découverte de l’oxygauge ou analyseur de PP02 – ça aussi c’est teuton – mais bon ça craint l’humidité ; un peu gênant pour aller sous l’eau…DolphinT

Dernier briefing, lestage, contrôle des pressions et hop on embarque. Ah zut ! J’ai oublié mon baudrier, et de fermer la bouteille ! Et oui sur un recycleur, ça se ferme la bouteille ! C’est du débit massique (2) on t’a dit . Il en fallait un, c’est moi! Je me contenterai d’une mise à l’eau bascule avant en vrac, capeler non arrimé, avec le secours en bouche, les palmes a la main et le masque aux chevilles. Bref je me vautre dans le Léman avec un panzer dans le dos et impossible de faire la moindre coulée expiratoire! Et oui, il faut compenser le volume des faux poumons!!!! Après un petit clin d’œil de Jacques, je remonte sur le bateau et laisse mes camarades en ordre de marche faire leur première immersion dans 6 m d’eau. J’ai les boules, mais bon je ne referai pas deux fois les mêmes erreurs… ça sert aussi à cela une formation… Nous rentrons au port, déchargeons le matos et rentrons chacun dans nos pénates.

Dimanche matin, c’est reparti. Il faut que je rattrape le retard! Mais bon, je suis confiant, baudrier, bouteille pleine, ordi, masque, j’ai tout! Jo à la manœuvre, « personne n’a rien oublié ?? » Petite boutade de Jo… Le gaillard est athlétique, je souris…. Et hop on y va ! Bascule avant tout est en place, immersion, je suis en binôme avec Jacques, ça roule, euh… ça coule ! Aaaaah! Ce poumon ballast! ça ne sert à rien! il est où l’inflateur ? La purge !!!!! Allez, je fais tout à l’étanche et au masque… Oui je sais ! Je triche ! Mais un volume à la fois… Bref ! Après comment dire, un déplacement digne d’un hippocampe amputé, à savoir monter, descendre euh… descendre, non monter, je ne sais plus…. Aller on se concentre c’est bon….ça rentre, petit lâcher d’embout avec passage sur le bail out (bouteille de secours en circuit ouvert), trop simple… Retour au port et théorie.

Et pendant ce temps-là, Christophe et Stéphane, à part une distension de joues du style chipmunk – hamster en anglais – due à une buse à gros débit, ont géré comme des pros.
écureuil

Théorie rapide, calcul du best mix, de la bonne buse et hop a la soupe ! On repart pour 14H.

Re contrôle étanchéité, et oui on a changé de buse, non pas moi la BUSE, je suis resté, on a juste changé le débit massique dans l’ADV (3)… Et ce JC toujours à la bourre…
A l’eau, petit test d’assistance sur bail out, petit décollage peaufinage de l’équilibre dans une eau d’une clarté limpide et poissonneuse à souhait, lotte, écrevisse, perche !!!! Non non pas aux Maldives, ni en Egypte, mais à Thonon les Bains !!!!!! Quand tu respires de l’air chaud, c’est simple t’as chaud! Vive le circuit semi-fermé et stop au gâchis d’O2! C’est écologique de plonger au recycleur! Oui Monsieur, on retraite tout ! Du coup on rejette peu….. CQFD.
Mince, le premier week-end est déjà fini. On nettoie les sacs à bave, le tuyau annelé, y’a du monde la dedans ! Mais Jacques a le produit qui va bien, non ce n’est pas du Monsieur Propre. Ah bon ? Pourtant à part la boucle d’oreille… Pour les non-initiés, disons que Jacques tient plus de la piste d’atterrissage à mouches que de la chevelure du grand Tétras des Alpes…

Second week-end: La maîtrise

Une semaine c’est court, on est déjà au deuxième week-end, Stéphane manque à l’appel, il fera la deuxième plus tard. On se retrouve Christophe, Jacques et moi-même. En guise de pilote, c’est un autre Stéphane, tout droit sorti du froid polaire de Thonon, avec une magnifique chapka rouge canadienne en guise de couvre-chef ! On sait qui est le capitaine du bateau au moins !
Quelques membres du CSL profitent de la sécu surface avec nous, ambiance sympathique et détendue, beaucoup de convivialité au sein de ce club, je suis vraiment bien entouré.

Hop, à l’eau ! On attaque les assistances avec boucle en bouche – du moins le décollage – une petite visite dans la zone des 40, ah oui on narcose aussi en recycleur: Après avoir confondu Jacques et Christophe, j’ai voulu épouser un groupe de lottes aux yeux bleues qui m’ont gentiment rendu à la raison dans la zone des 30, et oui je suis déjà en couple… Un peu d’ivresse ça me manquait… Nous refaisons surface, débrief, échange et à la soupe pour attaquer l’après-midi et une maîtrise plus impeccable des gestes d’assistance avec le panzer dorsal.

Passons sur la plongée d’après-midi où immersion et équilibre n’ont plus de secret pour nous et on se dit à demain.

Dimanche, The last day, c’est au milieu des irréductibles du CSL, on est quand même au mois de novembre et l’étanche n’est pas un incontournable… Bonne ambiance sur le bateau, ça rigole et pose des questions sur nos drôles de machines on sent les mordus de la plongée à l’air, ça ricane un peu mais toujours dans la bonne humeur …
Gros plan sur la boucle - Non Nanard, ce n'est pas un mistral!

Briefing de Jacques, et surprise ! Christophe et Jean-Christophe une assistance chacun et après, et bien vous vous débrouillez, autonomie complète. Jacques fera quant à lui équipe avec Stéphane, chapka rouge. Yesssss ! On touche le Graal du doigt et la motivation décuple.
Assez causé ! A l’eau quoi!

Zut! La boucle est restée ouverte pendant le saut droit (oui j’ai abandonné la roulade avant… question de fierté). Tant pis pour la boucle… une ou deux respirations en surface pas de glouglou au bubble check (5) à 5 m pas de glouglou !!!! Le panzer dolphin est top sécurisant. Et c’est parti pour la remontée que je réalise disons à la vitesse du mollusque, bref ça monte pas bien vite de 35 à 20m et après ça s’arrange pour bien se caler. Bref pas la plus belle remontée de ma vie… La plus belle c’était d’ailleurs au niveau 4 mais ça c’était avant… j’étais jeune, athlétique, fringant euh… Chéri ? T’écris quoi là ? C’était il n’y a pas si longtemps !!!!!!!! Merci ma chérie, fermons la parenthèse….
Christophe, parfait, un décollage nickel pour sortir de la zone dangereuse un ralentissement école de plongée pour venir fondre sur 8 m, le tout, sans les pieds, sans les mains, bref le truc même en circuit ouvert difficile de faire mieux ; et non Christophe je ne fais pas du lobbying, mais bon j’ai hâte de revenir faire un plouf du côté des failles.
Un heureux recycleux
Terminé les exos…. Autonomie, superbe ballade le binôme marche bien, les signes sont classiques, ni trop, ni trop peu, on rentre peu dans la déco, 10 de DTR (5) tout de même, bon d’accord y avait 2 yoyos mais au bout de 45 minutes de plongée et 80 bars de consommation d’un énorme bloc de 5L, je vous le dis on recycle…
Retour au local, petit apéro avec les gars du club; ça saucissonne, charcute à tout va. Entre les rires et les histoires de la dernière plongée, on passe un bon moment . Mais nous devons déjà nous éclipser pour le repas de midi car pour la dernière nous allons finir en beauté avec un noyage de boucle, comprenez, on va laisser rentrer de l’eau pendant une grosse voire très grosse poignée de secondes dans le recycleur, afin de simuler un arrachage accidentel d’embout avec impossibilité de secours sur circuit ouvert, dans le style « what if » on peut difficilement faire pire ! Bon sécurité oblige, on sera en fin de plonge et sur un fond de 6 à 8 m, il ne faut pas déconner non plus …….
14 h c’est l’heure ! Mise à l’eau ! C’est Jo qui fait la sécu pour la dernière, vraiment un mec cool ce Jo ! C’est parti ! Au fait on n’a pas pris la peine de regonfler nos 5L… pour quoi faire ? On a du temps… ça me rappelle les derniers « dis tu peux me mettre une petite pichenette d’air en plus dans mon 15L ? J’ai 200 mais on va faire une 40 alors tu vois 220 c’est mieux », rigolez pas on l’a tous fait ! Et bien là, que nenni! Pour notre dernière planification, 100 bars seront plus que largement suffisant.
Plongée Recycleur
Dernier saut droit, nickel, pas une éclaboussure, ouverture bouteille, embout en bouche, contrôle PPO2 display (pardon! analyseur de PPO2 pour les francophones), on y retourne, petite ballade tranquille cool, l’air respiré est chaud et savoureux, la ventilation est calme, pas de risque d’essoufflement, le déplacement limpide comme l’eau, de beaux paysages au fond du Léman… Bref, c’est à la limite de l’orgasme aquatique que nous faisons demi-tour pour réaliser « the challenge » !
C’est parti, Christophe ouvre le bal, ça fuse et on compte 15 secondes, c’est long 15 secondes, il remet l’embout signe OK RAS.
A mon tour ça fuse et puis ça ne fuse plus… Et oui c’est plein, je remets en bouche et là, ô miracle, au milieu d’un concert de glou glou, blop blop, de l’air et oui je respire dans une cacophonie minérale et ça marche, un petit déplacement, je secoue la tête dans tous les sens, un peu d’eau, il ne faut pas pousser non plus, mais aucun sentiment de stress, certes la plongée prendrait fin mais avec la possibilité de remonter en totale sécurité, la démonstration est on ne peut plus claire .
Nous voilà au local. Dernier nettoyage et inspection des scrubbers, certes c’est humide, mais rien de flagrant, on range, on nettoie le matos, un petit thé glacé et retour au bercail.

Pour conclure, une expérience nouvelle et enrichissante, très bien organisée et encadrée, un accueil au top. Un grand merci à tous ! Je préfère ne pas commencer pas à citer des noms, j’en oublierais.
Bref je n’ai qu’un souhait : recommencer ! Mais ça c’est prévu, et qui sait, diffuser mon expérience.

Mélanie N3
Un grand merci à Mélanie, ma binôme dans la vie, N3 en eaux chaudes, pour sa correction et mise en page de ce compte-rendu.

Maldives 2013

Les MALDIVES

Un nom qui fait rêver tous les plongeurs…

Nous sommes 17 à tenter l’aventure dorée de ce paradis, pour certains c’est une première en mer chaude et pour d’autres presque une habitude.

Vendredi 12/02/2013

Nous nous retrouvons à la gare TGV d’Auxon pour un départ du train à 10h30 et une arrivée à Paris gare de Lyon 12h37. Alicia, Denis, Jean, et moi jouons au tarot pour passer le temps alors que d’autres lisent où discutent des plongées à venir et imaginent des rencontres plus belles les unes que les autres.

Arrivés à Paris, j’oublie mon bob dans le filet à bagages et quand je m’en aperçois il est trop tard car le train est fermé mais je ne le vois pas dans le filet et je me demande si quelqu’un a pu le récupérer. On me chambre un peu.

Nous mangeons un casse-croûte à la gare et trouvons la navette qui doit nous emmener à l’aéroport CDG terminal 2A prendre le vol EY 0038 à destination d’Abu Dhabi .

On se trompe de porte et le tour gratuit est pour nous mais on a largement le temps car notre avion décolle à 21h40.

Le vol sur Airbus A340 se passe tranquille à regarder des films où pour d’autres, et c’est une habitude qui va perdurer, à dormir. Abu Dhabi ; il faut traverser l’aéroport au milieu d’une foule assez dense et la queue pour accéder à la porte d’embarquement mesure pas loin de 200m. Denis et moi nous réussissons à trouver un passage plus court.

Visite des boutiques duty free où les prix sont élevés. Décollage pour Malé à 9h45 le samedi sans dormir. Retard à l’arrivée de 15 minutes à cause d’un orage sur le tarmac.

Le passage des formalités se fait sans problèmes et la Gentiane se retrouve tout comme moi en terre bien connue. Il est 15h.

Bruno est là avec sa pancarte SUN MALDIVES, il fait très moite, Sylvie-Anne arrive toujours aussi souriante, elle n’a pas changé. On se rappelle le bon vieux temps et je termine les formalités.

Le dhoni nous attend au port pour embarquer sur le Fathima à un quart d’heure de navigation. Il tombe quelques gouttes.

De loin le bateau fait belle impression, mais je remarque vite qu il a des « heures de vol ». Après le pot de bienvenue et la présentation de l’équipage nous prenons possession de nos carrés. Avec Gigi nous sommes dans la plus petites des piaules à l’avant du bateau. Un bruit épouvantable nous fait sursauter et sortir de la chambre : c’est pas très grave, seulement Noël qui commence ses  » séances de bronzage ». Repas vite fait et dodo 20h.

Dimanche 17/02/2013

Debout 6h00 pour le lever du soleil après une bonne nuit de sommeil.

La plongée du matin est sur FEYDHOO Cavès près de Malé, 29 m, 57 min

Pour les habitués comme pour les novices c’est un délice de voir des tortues, raies aigles, bonites et multitudes de petits poissons même si l’eau n’est pas d’une transparence optimale.

La bouffe est bonne mais un des compresseurs est en panne, donc pas de plongée l’après-midi. Je fais du PMT seul sur le reef et dérange un petit requin pointe blanche, une murène en pleine eau et des perroquets énormes. Il pleut…

Lundi 18/02/2013

Debout 6h00 pour le lever du soleil, bien dormi.

THABURU DHOO Thila, 33 m 37 min. Requins, bonites.

Courant contraire au début car Iboo nous à largués un peu loin et il faut appuyer sur les palmes tout en rampant sur le fond sur une cinquantaine de mètres. Annie et Henri ont beaucoup souffert.

BODUHITI Thila l’après midi, 27 m 59 min
A la recherche des Mantas que nous rencontrons en fin de plongée sur un banc de sable à 11 m de fond avec une visi plus que moyenne, sinon requins pointes blanches, belle pastenague.

Il pleut, toujours en panne d’un compresseur.

Le soir Nanard et Alicia pêchent à l’arrière du bateau, score 2 à 1 pour Nanard .

Mardi 19/02/2013

Debout 5h20 pour le lever du soleil, mal dormi ( la pluie )
Nous entamons la traversée vers Ari Atoll accompagnés par des dauphins ainsi qu’un espadon toute voile sortie.

RASDHOO est une très belle plongée avec ses requins gris et pointes blanches, ses raies aigles magnifiques, ses thons plus les milliers de poissons divers et variés dans une eau à 30° très claire : 30m 56′.

VALIGANDU KANDU pour arriver sur le site nous essuyons un grain pendant 15′ puis soleil et descente sur 28m avec ses mérous, des dizaines de requins pointes blanches, 3 pastenagues et de petites murènes qui te croquent un doigt sans aucune gène (demander à Joël). Belles murènes léopards ainsi qu’un napoléon qui fera la ballade avec nous pendant les 56′ et sur la fin une raie aigle splendide .

Soirée pêche avec Nanard, Alicia, et moi : je sors 12 poissons et l’équipage me surnomme Fishman.

Mercredi 20/02/2013

Debout 5h30 pour le lever du soleil

Un thé et direction la passe de RASDHOO pour voir les requins marteaux, descente sur 30m et attente 23′ pour enfin voir deux beaux spécimens d’assez près (5m) de face comme de profil. Retour sur le reef avec requins pointes blanches, napos, carangues, thons, bonites et tortues. 58′.
MAAFARU plongées mantas : elles sont au rendez vous. Une dizaine se promènent dans une eau chargée mais ont les approche à moins de 5m sur un fond de 28m c’est une station de nettoyage et il y a des anthias par milliers. La plongée durera 63′.

MYARUGA Thila en 3ieme plongée, il est 15h30.
Du courant pour une fois mais medium et des requins de récifs ainsi que des napos, 32m 38′

18h, il pleut

Soirée pêche, beaucoup de fond (40/50m) et du courant, je laisse ma place. Gugu sort un beau poisson. Un maldivien lance des amorces à base de poissons et 1/2h plus tard Gugu ferre et nous sort un requin nourrice d’un bon mètre et Amandine lui saute dessus pour l’empêcher de se débattre. Après une séance de photo, il sera remis à l’eau. Gigi ferre lui aussi et se fait couper son poisson par un ?????????????? énome.

Jeudi 21/02/2013

debout 5h30 pour le lever du soleil

HAFZA Thila le briefing nous annonce une plongée requins avec du courant. En fait il n’y en a pas ; quelques requins de récifs et pointes blanches, je me laisse emporter par des centaines de poissons gris et blancs sur un fond de 34m et ils ne sont pas effrayés car je respire doucement et fait le minimum de mouvement. C’est une sensation magique. 34m 55′.

BATHALA RANTHILA 14h : courant fort, enfin. Quelques requins corail plus un très gros napo venu nous inspecter à 5cm des masques. Son oeil et son bec sont impressionnants. 28m 51′.

Le bateau de vie est en panne et la plongée de nuit est compromise.
MAAYA THILA 22m46′ la plongée de nuit se fait mais par nuit noire et elle est pas mal. Requins corail, murènes en pleine eau, deux jolies pastenagues viennent se frotter aux plongeurs. Sortie 20h45.

Repas et dodo à 22h30

Vendredi 22/02/2013

Debout 6h25 raté le lever du soleil

Pas d’eau dans les cabines

KAN Thila 24m 59′ plongée super tranquille requins, thons, barracudas.
PANETONNE 17m 57′ c’est un manta point avec ses milliers d’anthias qui comme nous attendent les mantas. Nous en verrons deux ainsi que raies aigles, requins corails et napos. Le courant faible en début de plongée, s’est renforcé.

Soirée pêche avec 8 prises de petits poissons remis à l’eau. Pierrot prend deux platax de belle taille ; ils seront au menu du lendemain. Je me fait couper le poisson que je venais de ferrer, il me reste la tête.

Samedi 23/02/2013

Debout 6h30 encore raté le soleil

RANGALI MADIVARU 16m 60″ site manta point avec Amandine, deux mantas puis deux autres dans le fond sur la cassure, une à tourné pendant 1/2h rejointe de temps à autre par la seconde tout près des plongeurs qui sont nombreux sur ce spot. Je m’éloigne du groupe avec Sinan, Iboo et Amandine pour faire quelques pas de danse avec une jolie blonde monitrice d’un autre groupe, cela fait bien rire les maldiviens. On à quand même vu une tortue à qui il manquait un morceau de carapace à l’arrière droit, ainsi qu’un skill.

De retour vers le bateau de vie, on nous informe qu’un requin baleine est dans les parages. Branle bas de combat, tout le monde remet les palmes et guette le petit poisson, qui n’est pas difficile à trouver car deux autres bateaux sont déjà sur site. Mise à l’eau dans une frénésie assez incroyable. IL est là en surface pratiquement et tout à fait tranquille, c’est un jeune d’environ 4 à 5m, il s’approche si près des plongeurs qu’il me touche une première fois avec son aileron puis une seconde avec sa queue. Nous le laissons à sa conquête des océans avec beaucoup d’envie.

BODU FINOLHU Thila 31m 53′ au large du reef descente sur des requins corail posés sur le sable puis d’autres sur le thila mais pas très proche.
Quelques belles langoustes regroupées sous un platier et au palier une tortue.

Dimanche 24/02/2013

Debout 6h pour le lever du soleil.

Température 28°, vent.

BODU FINOLHU Thila 31m 54′ toujours des requins et une nouvelle venue : une mobula (petite manta) à 30m, belle langouste, un gros thon au palier.
5ROCH 33m 68′ gros barracuda et énorme banc de fusiliers. Ballade sur les blocs garnis de grandes gorgones avec requins gris et pointes blanches, beau napo et retour sur le thila d’à coté. 17′ de palier à faire, pendant ceux-çi rencontrés : napo, murènes, mérous et banc de poissons cochers qui m’ont coûté 1′ de plus.

PMT sur le reef, mais rien de bien, puis shopping sur l’île de Rangali avec visite du chantier naval et du zoo roussettes. Ont à fait toutes les boutiques pour ne trouver qu’un paréo, un bob, où une chemisette noire.

Soirée pêche, beaucoup de touches mais 3 prises seulement, décroché un gros. Alicia à pris un petit mérou et Gigi à cartonné quant à Sinan, il à pris une belle murène et la relâchée car il ne la mange pas ensuite il à foutu sa ligne à l’eau en voulant lancer un poisson comme appât. Fin à 22h45.

Lundi 25/02/2013

Debout 6h pour le lever du soleil.

KUDA ROTH Thila 28m 51′ beaucoup de plongeurs sur le site, peu de courant, mérous, carangues noires, bleues, murènes, skills, gorgones géantes, banc de fusiliers et gaterins. Sortie 7h10.
Traversée vers Vaavu Atoll. Mer un peu agitée et du vent. Nous jouons au tarots avec Denis, Seb, Alicia.

Arrivée sur site à 12h50 et perte de l’annexe.

AMBARA BODU Thila 32m 60′ léger courant. Raies aigles, napo, requins. Sortie 15h.

Comme tous les soirs apéro sur le pont supérieur. Je distille mes paquets de cacahuètes car aucun des autres zèbres qui m’accompagne en à apporté dans ses bagages, mais pour ce qui est de les manger, ils y pensent tous. Ce soir les maldiviens nous accompagnent mine de rien, car Bruno n’est pas chaud pour cela. Nanard m’offre un cadeau, c’est le premier en 40 ans, il ne lui coûte pas cher car c’est mon bob qu’il a récupéré dans le TGV, un bel enfoiré…
Soirée repas sur l’île où l’équipage ont dressé les tables et dessiné sur la plage à l’aide du sable un requin baleine plus vrai que nature.Au menu poulet, poissons et plein d’autres bonnes choses le chef cuistot à fait les choses en grand.La soirée s’est terminée dans l’eau où beaucoup ont participé.Bruno faisait un peu la gueule et se balançait à l’écart. Super soirée ensuite gentiane pour mieux dormir.

Mardi 26/02/2013

Debout 5h pour le lever du soleil magnifique.

GOLDEN WALL 36m 52′ dérivante tranquille avec requins corail de belle taille, barracudas, raies aigles, napo, mais rien dans les grottes.

FOTTEYO 38m 52′ descente dans la passe, beaux coraux mous jaunes. Gros requins gris de près, très gros barracudas, autres requins de récifs.

Apéro sur île déserte et pétanque avec Gugu, Henri, Bruno, Joël, Philippe, celui qui n’a pas perdu à gagné.

Soirée tarots avec Alicia la bétonneuse, Denis, Philippe et Seb l’inconscient.
21h30 fin….gentiane pour digérer comme tous les soirs..

Mercredi 27/02/2013

Debout 5h pour le lever du soleil

FOTTEYO 32m 48′ Plongée marteau, 6h30 dans l’eau (c’est déjà trop tard). Descente à 32m dans le bleu, pas de marteau, aperçu un gris. Après 25′ dans le bleu retour sur le reef pour voir du corail et un banc d’orphis. Depuis le dohni vu mère dauphin avec un tout petit.

DEVANAH MYARU près d’ HALIMATA 38m 42′ descente de suite sur 38, plein de requins gris de belles tailles et de corail dont un si près que je pouvais lui compter les dents, remonté sur 30m où là un énorme requin marteau avec un hameçon dans la gueule nous à fait un passage au ralenti à 10 m du groupe et certains ont du avoir quelques frissons.

ALIMATA JETTY plongée de nuit prévue à 18h30 mais l’équipage n’a pas gonflé les blocs ; nous plongerons vers 20h et mangerons après.

Descente sur 10/15m devant le ponton de l’île ; de suite 4 requins nourrices et des dizaines de carangues bleues où noires énormes surgissent de partout car les maldiviens ont immergé un bidon percé rempli de poissons.
La dizaine de requins nourrices dont les plus grands font 3m et les carangues qui maintenant sont accompagnées de raies pastenagues de très belles envergure sont déchainées et bousculent autant leurs congénères que les plongeurs où plongeuses pas rassurées pour essayer de voler des miettes du festin. Après 3/4h de spectacle nous nous éloignons et découvrons un crabe inconnu de Bruno et de Michel qui à ce jour ne nous ont toujours pas révélé sont identité.

Jeudi 28/02/2013

Debout 6h pour le lever du soleil.

MYARU KANDU 35m 52′ des requins corail, des requins gris partout, sur la remontée et face au courant des raies aigles sont pratiquement immobiles. Mon ordi affiche 11′ de paliers et il me faut les quitter. Je me laisse dériver tranquille et suit deux tortues en ballade pour la fin des paliers. .Sortie 9h30

10h30 le bateau navigue vers KUNAVASHI KANDU une île déserte aménagée pour ceux qui veulent piqueniquer. Je pars en pmt avec Joël, le platier n’est pas trop abîmé et nous voyons un banc d’orphis, des petites carangues bleues ainsi qu’une belle tortue. La plongée qui suit par 31m 57′ est la moins inintéressante de toutes. Le courant s’est inversé, ce qui nous a fait revenir sur nos pas au bout de 15′. A part 3 napos RIEN. Je suis de plus en plus exigeant.

Visite de l’île de FULIDHOO et d’un bateau en construction depuis plus de 10 ans, il est immense et conçu pour 25 plongeurs. Ici le temps ne compte pas. Après la visite des boutiques dans la rue principale qui n’a pas beaucoup changé en 12 ans, sauf autour de l’île, comme toutes les autres, c’est la présence des déchets plastiques qui gâchent tous les paysages ainsi que les fonds marins. De plus les îles sont maintenant envahies par les voitures et surtout par des petites motos.

Soirée danse avec un groupe qui joue du tamtam en notre honneur et nous dansons au rythme endiablé de la musique et des chants maldiviens. Quelques femmes sont de la fête, d’autres se contentent de regarder en riant avec une certaine retenue.
A force de se démener sur la piste en ciment les pieds nus tout le monde transpire et les bouteilles d’eau sont les bienvenues. Sinan veut que l’ont prolonge la fiesta mais Bruno n’est pas d’accord, seul Seb restera pour boire le dernier café, retour sur le bateau pour un dernier whisky.

Vendredi 01/03/2013

Debout 6h30 pas vu le lever de soleil.

Le bateau lève l’ancre à 8h avec 2 h de retard direction GURAIDOO.
KANDOORAMA 35m 52′. Iboo se plante dans le bleu et ont rame 10′ à 36m pour trouver le reef, son esprit est occupé par certaines vapeurs, je ne vous en dirai pas plus, j’ai juré de garder le secret que vous connaissez tous.
Deux requins corail, un napo, des carangues, des murènes léopards, des gros mérous plus tard la plongée est finie.

KUDA GORU VRECK 38m 73′ plongée sur une épave au pied d’un thila, l’hélice au sable est à 34m. Carangues, ptérois, nacres; clowns, thons, langouste, skills, serpent, et pour finir une magnifique tortue.

En route vers Malé nous perdons l’annexe. Bien que la navigation doit s’arrêter à 17h15 nous navigons jusqu’à 20h. Après le repas puis les photos avec l’équipage et la remise des pourboires, Jacotte guette sur mon épaule, Seb sonne la cloche toute les 1/2h et La Crevette se marre comme une baleine.

Nous passons au réglement des consommations perso et celles du groupe payées en partie en dollars et en euros. Bien des calculs plus tard Iboo nous dit que en plus il y a 8% de tva et une taxe de 10%. Nous gueulons un peu et Hibou consent un rabais de 100€. Nous réglons la somme et Hibou nous donne encore 100€ que nous acceptons. Tout le monde se retrouve sur le pont pour finir la dernière de wisky, il est 23h40, les derniers avions décollent, je vais dormir.

Samedi 02/03/2013

Debout 6h30 26°

Séance tampons des plongées. Embarquement pour Malé, adieu à l’équipage ; chargement des bagages dans des voitures direction l’hôtel où l’on pourra prendre une douche après avoir visiter la capital et ses boutiques. Shopping avec Nanard pour lui retrouver un bob envolé sur le bateau il en achète un , mais la couleur ne l’emballe pas vraiment. Gigi en retrouve un  » JAUNE  » et lui offre, il a failli pleurer. Les rues de Malé sont envahies de petites motos, la circulation est infernale et seul le marché aux poissons et celui des fruits n’a pas trop changé. Les MALDIVES dépassées par la civilisation ont perdu beaucoup de charme. Le plastique est roi et pollue tout.

Sylvie Anne n’est pas là pour nous faire la bise, les mails depuis Besançon seront aux vitriol…..

Le retour en avion et en train se fera sans problème majeur et les Maldives restent malgré tout une destination rêvée.

Philippe Bernard

Album souvenir

ASC Maldives 0 2013
ASC Maldives 1 2013
ASC Maldives 2 2013
ASC Maldives 4 2013
ASC Maldives 3-1 2013
ASC Maldives 5 2013
ASC Maldives 6 2013
ASC Maldives 7 2013
ASC Maldives 8 2013
ASC Maldives 8-2 2013
ASC Maldives 7-2 2013
ASC Maldives 9 2013
ASC Maldives 10 2013
ASC Maldives 11 2013
ASC Maldives 12 2013
ASC Maldives 12-1 2013
ASC Maldives 12-2 2013
ASC Maldives 13 2013
ASC Maldives 14 2013
ASC Maldives 15 2013
ASC Maldives 9-2 2013

Pour une poignée de Niveaux 4 : retour sur l’année 2011

Une formation Niveau 4 à l’ASC ?
La saison 2010-2011 aura vu sa première édition.
Une formation conséquente et des résultats brillants qui ont marqué les candidats et la vie du club.

Le cap Sicié et les 2 frères

Depuis la fin de cette aventure, je voulais revenir dessus et vous livrer un petit aperçu de toute cette odyssée … Seulement voilà, il m’a fallu enchaîner rapidement sur d’autres objectifs, et l’article est resté à l’état de projet !
Mais il me tenait à coeur de revenir sur les exploits de Sébastien, Rodrigue, Michel, Denis, Fabrice et Jean.

Sébastien L. Rodrigue P. Michel K.
Denis M. Fabrice Q. Jean D-B.

L’idée

Comment en est-on arrivé là ?
Au départ, un constat : fort de sa centaine de membres, l’ASC regorgeait de vieux Niveaux 3 et d’Initiateurs, alors que les Niveaux 4 et MF1 se faisaient plutôt rares. Donc un club à fort potentiel.
Les quelques courageux Moniteurs le devait souvent à eux même, à leur motivation inébranlable et à leurs opportunités personnelles favorables. Monter une formation N4 « clef en main » au club pouvait permettre d’attirer les plongeurs intéressés mais n’osant pas franchir le pas tout seul. Créer une dynamique de groupe en fait.
Sans parler du triple effet possible :
– des guides de palanqué en plus
– des enseignants jusqu’à 20 m (E2) s’ils sont déjà Initiateurs
– une base plus importante de candidats potentiels pour le MF1.

Le recrutement

Une petite annonce à l’Assemblée Générale 2010, quelques discussions à droite à gauche, un peu de persuasion, un effet de « copinage » … et hop, 6 candidats sur la ligne de départ. Cinq vieux N3 ayant pas mal bourlingué, un N2 motivé. Tous Initiateurs. Le programme s’annonce haut en couleurs, pour reformater des « vieux » plongeurs pleins de mauvaises habitudes … Mais ce défi pédagogique me stimule plus qu’il ne me freine.
Un seul regret : Alain ne fait pas partie du troupeau et je le déplore, dans la mesure où il a toutes les qualités pour faire un bon guide.

La formation initiale a été conduite intégralement dans le cadre du club. Elle a combiné une préparation physique en piscine chaque semaine, un programme complet en théorie (12 cours), 4 plongées en fosse à Dijon et 3 week-ends en mer à Carry-le-Rouet.

Les séances piscine

Elles se sont enchaînées très régulièrement avec une bonne assiduité des candidats. J’avais mis en place un programme assez progressif au début, mais devant amener chacun à se confronter sans trop tarder à ses limites physiques et/ou techniques. Le résultat ne s’est pas fait attendre. En dehors des 2 avions à réaction qu’étaient Rodrigue et Fabrice, les autres ont pris la mesure du travail à faire. On se souviendra longtemps du coup des 600 m de Seb : après échauffement, j’annonce un 600 m PMT, non chronométré. Je précise bien « chacun son rythme », l’essentiel étant de tenir la distance. Réaction immédiate du Grogong : « c’est tout ? on est quand même tous capable de faire 600 m ! ». Au bout de 400-500 m, le Seb s’essouffle et s’arrête. CQFD. L’entrainement hebdomadaire « réglé » s’est donc vite complété de séances d’appoints. Cours particuliers pour Michel les jeudis, pour améliorer sa technique de bras (merci Didier et la planche), séances additionnelles en créneau public pour Michel et Jean, séances supplémentaires avec La Méduse pour Seb … avec au final un niveau d’endurance qui s’améliore, des distances tenues et des chronos acceptables.
Et le souvenir impérissable de Fabrice qui lève la tête à la fin de chaque briefing en lâchant « on fait quoi maintenant ? ». Extraordinaire.

La théorie

Intégralement couverte dans le cadre de l’ASC, au rythme d’un cours toutes les 2 semaines entre novembre et avril. Une charge lourde pour moi, mais aussi l’occasion de me remettre complétement à jour.
Programme de théorie
Le temps m’étant compté pour préparer tout celà, j’ai varié les plaisirs et réalisé des cours tantôt en PowerPoint, tantôt en transparents, voir directement au tableau, ou en ne projetant que des supports … selon les éléments dont je disposais déjà. Je me suis obligé à fournir un document de support pour chaque cours, parfois avec pas mal de retard, mais ils les ont finalement tous eu avant l’examen. Le code Vagnon N4 de Pierre Médalin et Dominique Ricou (éditions Vagnon), s’est avéré être un allié très utile. Un livre synthétique et pragmatique qui constitue une véritable référence en la matière : pas de superflu, que du concret et pratique.

Tous les sujets « classiques » ont été abordés, comme les notions de physique appliquées à la plongée (pression, volumes gazeux, flottabilité, pressions partielles et toxicité des gaz, phénomènes de saturation-désaturation et sa modélisation), les notions d’anatomie-physiologie, la réglementation, les procédures de désaturation, l’étude des accidents de plongée et leurs préventions appliquées à la palanquée, le matériel et l’organisation de la plongée.
Code Vagnon Niv.4
Des notions parfois ardues et difficiles à traiter, mais en prenant soins à chaque fois de développer les points importants pour de futurs Guide de palanquée, on arrivait toujours sur des discussions intéressantes et constructives. Des profils de candidats très différents, tantôt confiant au début et beaucoup moins à la fin, tantôt inquiet au début et confiant au final, ou encore tendus tout le long …

Et puis bien sûr, la convivialité habituelle de l’ASC, avec quelques victuailles et boissons pour garnir ces lourdes soirées, généreusement amenées à chaque séance par les participants. Quand le temps manquait, le kebab du quartier a sauvé plusieurs fois la situation, et je ne peux que remercier encore Jean d’avoir pensé à mon estomac, qui criait famine entre ma sortie du travail et le début des cours.

La formation pratique

Combinant plongées en fosse et en milieu naturel. L’ouverture récente de la fosse à Dijon nous a permis de commencer la formation en douceur. Au coeur de l’hiver, les 4 rendez-vous dominicaux ont été consacrés au perfectionnement de l’utilisation de la stab, à la découverte de la RSE (Remontée Sur Expiration) et de la DTH (Démonstration Technique avec Handicap) de 20 m, mais aussi à la pratique de l’apnée. Des séances bien chargées, dans un environnement pour le moins original, mais sécurisé.

A la fosse de Dijon, briefing en surface

Le mois de février a vu notre premier week-end dédié à la préparation du N4. Descente sur Carry-le-Rouet, en autonomie totale, avec le fourgon « Previtali » et le semi-rigide de Séb. Gigi est venu m’assister dans cette aventure. Seul Jean n’a pas put nous rejoindre. La météo est mitigée, temps couvert, vent d’ouest, des vagues, surtout le dimanche.

Méjean, février, mistral et fraîcheur.

Nous nous « installons » dans la calanque de Méjean, relativement abritée. Rodrigue, Seb et moi même partons séparément pour mettre à l’eau le hors-bord au port de l’Estaque, la cale de Carry étant en travaux. Après quelques acrobaties et un peu de navigation, tout le monde se retrouve à Grand Méjean. Le bateau nous permet de plonger hors de la calanque, sur 35-40 m, avec plus de confort et de sécurité. Les 2 matinées sont consacrées aux plongées techniques à 40, avec remontées assistées. Gigi fait ses premières armes de moniteur en la matière. Nos élèves découvrent les joies du capelé dans les vagues, la « douceur » de la méditerranée hivernale (où les 13° contrastent avec la fosse) et l’impartialité de la caméra ! Le père Noël m’avait gâté avec une GoPro, minicaméra HD panoramique, dotée d’un caisson résistant à 60 m. Idéal pour filmer en plongée d’ensignement. Les premiers essais « profonds » sont concluants, mais redoutables pour les élèves, confrontés de visu à leurs « boulettes » !
La plongée du samedi après-midi s’est limitée à 18 m pour se destiner à la RSE et au perfectionnement du gilet.
Au final, le WE aura été très riche d’enseignement pour tout le monde. On retiendra en particulier Rodrigue qui a découvert qu’il pouvait enlever 4 kg de plombs d’un seul coup, prouvant ainsi que même de bons vieux plongeurs sont souvent TRES surlestés !
Ou encore notre repas de midi samedi, sur les banc de petit port de Méjean : un immense buffet où nos victuailles s’étendait sur la totalité du petit muret, soit, une bonne dizaine de mètres ! La réputation de l’ASC n’a pas été démentie.
Après l'effort ... l'interminable buffet improvisé !
Plus de 10 m de victuailles mêlées au matériel !
Les 3 plongées achevées, il fallu encore récupérer notre gueuse de balisage, lourdement ensablée par 17 m de fond, et sortir le bateau. Heureusement, les « locaux » n’avaient pas cadenassé la sortie du port de Méjean et nous avons put sortir l’embarcation facilement et rapidement, sans avoir à retourner à l’Estaque. Malgré cette petite « économie », ce fut un WE bien fatiguant tout de même !

La préparation des candidats s’est poursuivie à l’occasion des différentes sorties clubs destinées initialement aux prépas N1 et prépas N2. Grâce à l’accueil et la participation de Plongée Passion à Carry, nos valeureux élèves ont put réaliser quelques plongées à 40 m avec le prestataire local, en parrallèle de l’activité club.

Le couvert est remit fin avril pour un nouveau week-end spécial prépa-N4. A 3 semaines seulement du début du stage final, c’est une séance où commence à poindre le stress. Plus question de s’embarrasser avec le bateau. Nous avons opté pour des plongées matinales avec « Plongée Passion« , afin de bénéficier de la logistique et d’un moniteur en appoint. Là encore, très profitable …
Les plongées s’enchaînent. Les conditions de plongée sont nettement meilleures qu’en février. Les résultats s’en ressentent. On commence à affiner sérieusement la qualité des remontées contrôlées. Florence (monitrice de Plongée Passion) insiste sur l’utilisation du poumon et de la « balance » assistant/assisté pour fluidiser les remontées assistées. Et ça marche.
Seul Jean accuse le coup de la sortie de février qu’il n’a pas pu faire. Le niveau s’en ressent à ce stade, mais il reste encore pas mal de plongées avant l’examen pour progresser.
Carry-le-Rouet, en avril le soleil au rendez-vous.
Le samedi après-midi fut plus physique, consacré essentiellement à la DTH. Avec 5 élèves pour un seul moniteur, je peux vous assurer que j’en ai bouffé des posidonies !! J’ai même des vidéos qui le prouve, hé hé …
En vrac au fond
Après 5 remontées façon « sac de patates », je me sentais un peu comme une bouteille de Perrier à l’ouverture …
Mais je pense sincèrement que ce WE en comité restreint, centré sur le N4, à 3 semaines du stage final, aura été bien profitable.

Le stage final

La phase finale de la formation s’est déroulée au CPSM (Centre de Plongée de Saint Mandrier) du samedi 21 au vendredi 27 mai.

La presqu'île de St Mandrier (83)

Le choix de ce club résultait tout simplement de ma longue expérience de l’endroit et de l’équipe. Je connais et fréquente le CPSM depuis 1990. Je savais les locaux et l’infrastructure parfaitement adaptés à l’activité plongée, conférant un très grand confort de pratique qui serait précieux le moment venu de l’examen.

Le cadre du stage.

Je savais, surtout, les qualités pédagogiques exceptionnelles de l’équipe, étant moi-même un pur produit du CPSM (N4 et MF1 passés là-bas, MF2 préparé là bas). On minimisait aussi par ce choix le risque de divergence entre la formation que j’avais prodigué aux candidats et les attendus à l’examen.
Les 5 premiers jours étaient dédiés à finaliser la formation, peaufiner les détails avec de nouveaux moniteurs, ceux qui allaient aussi composer le jury …
Ainsi nos valeureux stagiaires ont pu faire la connaissance de Pierre Médalin et Dominique Ricou, les Instructeurs Nationaux qu’ils avaient aperçus entre les lignes du Code Vagnon N4 (les auteurs), ainsi que de « Lolo » et « Olive », Instructeurs Régionaux.

L’occasion aussi de se fondre avec les 3 candidats déjà sur place et engagés dans un stage complet de 2 semaines.
Cette sorte de répétition générale allait combiner des plongées à 40 matinales, des nages, des compléments théoriques et des plongées à 20 et 30 m pour les démonstrations techniques.

J’ai rejoins nos candidats dés le samedi matin, à l’issue d’une longue traversée nocturne de la France. J’arrivais directement de Reims où j’avais suivi une formation à la médecine de plongée. Je tenais à être présent pour faire le relais avec l’équipe du CPSM. Ma présence sur l’ensemble de cette phase finale et de l’examen devrait également permettre une certaine continuité pédagogique et limiter la déstabilisation de nos ouailles, se trouvant totalement sortis du cadre « ASC » habituel.

La fine équipe

Mais malgré toutes ces bonnes intentions envers eux, nos stagiaires ont réussis quelques prouesses !

Les candidats en situation !
Denis, remontant d’une plongée à 40 m sur l’épave du Dornier 24, m’explique pourquoi il a eu un mouvement d’évitement de la tête pendant son évolution au dessus du fond de sable. « Pour éviter le tombant« , me dit-il ! … Pas l’ombre d’un tombant à plusieurs centaines de mètres à la ronde … narcose, es-tu là ?!
Fabrice, à 40 m toujours, qui reste sans réaction devant Pierre lui faisant signe de manière insistante « je suis sur réserve ». Commentaire de l’intéressé à la sortie de l’eau : je ne comprenais pas, il me faisait ça (réalisant un signe bizarre, le poing sur la tête). La narcose avait encore frappée !
Le lendemain matin, dans une mer d’huile et sous un magnifique soleil, Rodrigue s’illustre sur le 800 PMT. Le parcours est simple, départ du bord au point d’embarquement, et direction droit devant, jusqu’au bateau qui attendra au mouillage à 800 m de là. A cette distance, le bateau n’est pas très visible. Pour aider les stagiaires, on leur demande de nager en direction de la maison aux volets verts, bien en vue sur la colline de l’autre coté de la baie. Quand ils seront plus près, ils verront le bateau et nageront jusqu’à lui. Je suis sur le bateau avec Olive, pour prendre le chrono d’arrivée et réceptionner les sportifs. Le groupe de tête approche. L’un d’eux est un peu excentré et dépasse ostensiblement le bateau pendant que nous récupérons les autres nageurs. C’est Rodrigue qui s’éloigne maintenant franchement du bateau. Le temps de faire monter tout le monde à bord et de relever le mouillage, nous allons chercher notre Rodrigue, au moins 250 m plus loin, nageant toujours de manière acharnée vers la maison aux volets verts ! Un 800 m « no limit » en quelque sorte.

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L’examen

Mais il faut avouer que les plus belles anecdotes ont surgies avec le stress de l’examen.

Candidat sous stress : Michel
Candidat sous stress : Fabrice
Candidat sous stress : Jean

Début des hostilités avec le capelé de 500 m. Le stress est bien présent. Surtout pour Michel qui ne sait plus vraiment où donner de la tête. Il n’écoute pas bien le briefing, cherche son matériel de partout, saute à l’eau en vrac, ne sait plus quoi faire une fois dans l’eau … C’est tellement critique pour lui que Dominique, présent sur le bateau, me glisse « Regarde, il ne sait plus où il habite ! » Mais les résultats sur les performances physiques s’avèrent stupéfiants : Michel démarre en folie, accélère tout le long et voilà notre doyen de promotion qui termine brillamment 3ème, juste derrière les 2 jeunes de l’IFREMER, forts de leur vingtaine d’année ! Et loin devant Fabrice et Rodrigue, nos 2 palmeurs de choc.

Sans surprise, le matin de la 40 m (l’épreuve phare), 2ème élève d’un même tandem de jury, Fabrice nous a joué une pièce dont il a le secret. Engageant la descente avec son binôme d’examen, alors qu’il était sensé attendre en surface son jury en le suivant aux bulles. Il faudra toute la force d’expression de Pierre Médalin sous l’eau (pour qui le connait) pour lui intimer l’ordre d’arrêter sa descente et de remonter !

Candidat sous stress : Denis

Si le stress généré par l’examen a eu un effet dopant pour certain, il a aussi bien failli s’avérer dévastateur pour d’autres. Bien qu’aillant le sentiment initial que nos 6 candidats soient bien préparés, j’avoue avoir eu quelques frayeurs en cours d’examen pour Jean : le stress avait déjà fait irruption pendant le stage final, en donnant de surprenantes réponses lors d’une séance de révision théorique. Malgré nos tentatives de réassurance, ce stress ne lâchera pas prise et déstabilisera dangereusement notre candidat, en particulier en théorie. C’est finalement le thème du matériel qui permettra à Jean de raccrocher les wagons et de s’illustrer. Avec l’épreuve de matelotage, il atteindra la véritable démonstration, en montrant par exemple de nouveaux noeuds au jury ou des techniques alternatives. Ira-t-on jusqu’à dire que tout ne tiens que par un bout … ?

Candidats sous stress : Rodrigue et Séb

La surprise la plus belle viendra de Seb, qui sur une seule palme (ou presque), finira honorablement toutes les épreuves, mêmes celles comme le 800 PMT, le 500 capelé, le mannequin, l’apnée ou la DTH, qui demandent pourtant un minimum d’appui palmé.

La logistique

On ne peut pas décrire toutes ces mésaventures sous-marines des stagiaires sans parler du cadre et de la logistique. Le choix de l’hébergement s’était porté sur des mobiles-homes au camping à 5 minutes du CPSM. Le confort était simple, mais plutôt convivial, avec nos 2 bungalows de 4 places, les terrasses, le tout sous la pinède.

Moment de convivialité,

Marie-hélène, la femme de Jean, avait accepté de venir avec le groupe pour assurer la cuisine et faciliter le quotidien des candidats. Non content de rassasier tout le monde, elle assura au delà de toutes les attentes, avec une cuisine variée et de grande qualité, qui venait à point nommé pour assurer quelques instants de plaisirs quotidiens à nos aquasportifs tendus. Leur réussite est peut être bien liée aussi celà …
Merci Maguie

Marie Hélène

Les résultats

A l’issue des 17 épreuves (!), après correction de toutes les copies de théorie, la lumière apparaît enfin sur le tableau Excel de la CTR : tous les candidats ont un « OK » dans la dernière colonne ! Autrement dit, c’est bon pour tout le monde. D’emblée. Sans délibération, sans ajustement. Nos candidats ont quand même bien assuré. Ne reste plus qu’à leur annoncer les résultats, dans le silence assourdissant des élèves en attente de la sanction. Passé le réjouissement du succès total, la cerise sur le gâteau vient s’ajouter : monsieur le major est notre Seb-Grogong (voir article correspondant), malgré sa jambe folle.

La Promotion
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Chapeau jeunes Padawans aquasportifs !
Que ce Niveau chèrement acquis vous soit utile, et encore plus à notre club.

Mer d'huile, synonyme de sérénité revenue.

Philippe
Votre serviteur.

Exploration sous-marine à Chaon.

Amis plongeurs,

Pour les plongeurs souhaitant voir autre chose que la faune et la flore du lac de Saint-Point, Julien et moi vous proposons de vous faire profiter d’une petite promenade virtuelle le long du tuyau de Chaon, qui se décompose en plusieurs étapes.

A environ une quinzaine de mètres du rivage, immersion, vous allez tomber nez à nez sur cette espèce de petit pipeline parallèle à la berge. En le suivant main droite, vous allez tout d’abord rencontrer une pelleteuse. Nous sommes à 10 mètres de profondeur et seulement 2 minutes de plongée. Si vous pensez que la narcose nous a déjà frappés de plein fouet à 10 mètres, attendez de lire la suite…

La preuve en image…
Pelleteuse

Si vous avez oublié quelque chose en surface, pas de soucis, le portable ancienne génération est à dispositon. (14 m, 3′)
Téléphone

Dans cette zone, à 18 m et après 6′ d’explo, la vitesse est limitée à 30 km/h… Attention aux radars !!!!
Panneau de signalisation

A 20 m et 7′ d’explo, Blanche Neige est passée par là…, elle y a laissé un nain.
Nain

A 21 m et 7’… d’explo, attention un train peut en cacher un autre…
Panneau train

A 22 m et 8′ d’explo, crash d’un avion…
Avion 1
Avion 2

Non loin du crash, un rescapé…
Nain 2

A 24 m et 10′ d’explo, un bâteau de pêche qui attend le renflouement.
Bateau
Bateau 2

A 26 m et 11′ d’explo, Blanche Neige en a laissé un deuxième…
Nain 3

A 29 m et 13′ d’explo, un nouveau danger vous guette et pas des moindres …
Panneau requin

Il nous reste à vous faire découvrir la crépine du pipeline, à une profondeur d’environ 35 m. L’ordi affiche 32 m, nous y sommes presque. Mais nous arrivons bientôt à mi-pression signifiant la fin de la plongée. La crépine… une autre fois.

Les photos ont été réalisées le 16 septembre 2012. Il me parait important de préciser que si l’envie vous prenait d’effectuer cette explo, à cette profondeur, la température de l’eau était de 6°C.
Le maillot de bain en peau de lapin ne suffira pas…

Bonnes plongées à tous.

Voyage club 2010 à Marsa Shagra : à la découverte du Grogong

En cette année 2010, année internationale de la biodiversité, l’ASC à organisé son voyage annuel de fin d’année en Egypte, sur le site de Marsa Shagra, dans le secteur de Marsa Alam.

Un très beau voyage, réalisé entre le 28/05 et le 05/06, dans d’excellentes conditions, avec pléthore de très belles plongées pour les 34 participants.

L’intérêt de la destination est multiple.

Une Marsa, c’est une petite baie, au fond de laquelle le récif corallien est interrompu et laisse place à une plage de sable. Marsa Shagra, c’est une marsa typique, dans laquelle s’est installé un écolodge. En fait un hôtel dédié à l’exploration sous-marine, dont la direction a le souci constant de limiter l’impact de la structure sur le site naturel.
Marsa Shagra

Quatre niveaux d’hébergement sont proposés (tentes, huttes, chalets, chalets supérieurs), pour lesquels les prix vont crescendo avec le niveau de nuisance à l’environnement. Le récif est surveillé en permanence et il est formellement interdit de marcher sur le platier, de s’accrocher aux coraux ou de plonger avec des gants.

Elphinstone reef

Le site est situé dans le sud de l’Egypte, dans un secteur où les récifs d’intérêt ne manquent pas. Le plus célèbre d’entre eux, Elphinstone, est localisé directement au large de Marsa Shagra, et il ne faut que 15 à 30 minutes de navigation en semi-rigide pour le rejoindre.

Elphinstone
Le site, que certains d’entre nous avons pu plonger par mer d’huile, reste toujours remarquable, au moins par sa topographie et ses paysages. Les tombants abruptes qui s’enfonce dans un bleu profond sans limites, la densité de coraux qui couvre les paroies, le foisonnement des barbiers oranges (Anthias ou Pseudanthias squamipinnis)…

C’est une plongée « ambiance bleue » par excellence. Evidemment, le site est réputé pour ses « grosses rencontres » comme les requins marteaux ou les requins océaniques (longimanus) … et ils ont été particulièrement absents !

Mais la saison n’était pas la plus appropriée et il faut bien avouer que les effets de la surpêche aux requins, partout dans le monde, fini par se ressentir, même sur des spots reconnus comme celui-ci !

Mais à mon goût, l’intérêt principal de Marsa Shagra, c’est que le centre de plongée propose une multitude de plongées différentes via les transports en bateau, en camion et du bord, ces dernières étant à volonté en autonomie.

Check-dive

Bien entendu, avant de pouvoir profiter pleinement de ces plongées à volonté, il nous a fallu subir la traditionnelle « check-dive » : plongée-test où 12 plongeurs suivent 1 seul DiveMaster !

On se demande bien ce qu’il a pu sérieusement évaluer dans ce troupeau…

J’avoue que cette formalité, tout à fait légitime à mon sens (indépendamment de ses modalités pratiques discutables), me fait bien sourire intérieurement, alors que nombre d’institutions internationales de plongées critiquent notre code du sport et notamment son article 322-81-1. Pour mémoire, ce dernier stipule que le Directeur de plongée « évalue » les aptitudes des plongeurs à travers « la présentation d’un brevet, carnet de plongée ou diplôme » ou a défaut « à l’issue d’une ou plusieurs plongée« . Mais bon, nous avons tous été très docile, pour pouvoir être tranquille par la suite.

Après cette première plongée particulière, nous avons pu effectuer les plongées sur le « house-reef » à notre guise.
Napoléon

Le house-reef

Le « house-reef » de Marsa Shagra permet des plongées particulièrement riches et attrayantes. On peut réaliser au moins 6 plongées différentes sur le site, en combinant à sa convenance récif Nord ou récif Sud, départ plage ou bateau et retour plage ou bateau. Il suffit d’inscrire sa palanquée sur le tableau de contrôle en précisant ses desiderata. J’ai particulièrement apprécié ces plongées, lors desquelles nous jouïssions d’une liberté quasi-totale et qui nous ont permis de contempler presque toute la faune et la flore de Mer Rouge.

Pour moi, ces plongées ont d’abord été l’occasion de finaliser la formation pratique Niveau 2 de Joël et de la valider. Il manquait en effet à ce cher Joël 2 plongées pour confirmer ses aptitudes à assister un équipier en difficulté. Deux plongées avec interprétation et remontées en assistances (suivies d’une belle explo à chaque fois) plus tard, et le tour était joué, notre Joël promu Niveau 2 en beauté.
Joel

En dehors de ces acrobaties techniques, je retiendrai surtout de Marsa Shagra des récifs coralliens d’une grande qualité. Que ce soit au nord ou au sud, les « house-reef » abritent des jardins de coraux très fournis et quasi-intacts. La densité et la variété des coraux est remarquable. Plonger sur ces récifs en pleine journée, de préférence le matin (pour bénéficier d’une lumière maximale) est la garantie d’un festival de couleurs.
Coraux

Les poissons coralliens y grouillent littéralement et on a vraiment l’impression d’être dans un aquarium d’exception.
Mérou

Dés le départ de la plage, poissons-ballons, syngnathes, raies pastenagues à points bleus et rascasses volantes se bousculent. En s’éloignant un peu, on trouve même quelques anémones habitées par des poissons clowns.
Raie points-bleus

Et puis, le récif réserve des surprises plus consistantes pour qui sait regarder autour de lui. Ainsi, sur le sable à une vingtaine de mètres de profondeur, avec Joël, j’ai croisé la route d’une superbe raie pastenague grise à tâche noire (Taeniura melanospilos) de 2 à 3 mètres d’envergure !

Les barracudas, regroupés en un banc compact, hantent le récif nord, où ils se donnent en spectacle dans le bleu. Tel un peloton de cycliste, le leader quitte régulièrement sa position et nage à contresens pour regagner l’arrière du banc.

Barracudas

Les tortues ne sont pas rares, et cerise sur le gateau, les requins pointe-noire (Carcharinus melanopterus) sont encore des habitués du secteur. Des juvéniles croisent régulièrement dans 10 ou 20 cm d’eau devant la plage, mais il fallait se lever tôt pour les voir. Et puis, chance ultime, nous avons croisé un adulte d’un bon mètre cinquante sur le récif sud, à 100 mètres du bord. Certes, il ne s’est pas arrêté pour la photo, mais quel bonheur de savoir qu’il reste des sites où les trouver !

Plongée-camion sur Marsa Abu Dabab

Notre forfait comprenait aussi des « Plongées-camions » (ou Truck Dive) qui nous ont permit de visiter quelques autres sites intéressants. Le plus remarquable d’entre eux est incontestablement Marsa Abu Dabab. Cette baie abrite une grande plage aménagée, prisée des Italiens qui fréquentent le complexe hôtelier à l’extrémité sud du site. De part et d’autre, le récif corallien. Au milieu, une vaste étendue sableuse recouverte d’un herbier entre 5 et 20 mètres. Un herbier, les « poireaux » comme disent certains plongeurs, aucun intérêt doivent penser certains … Bien au contraire !!! Cet espace regorge d’espèces inattendues … et en particuliers d’énormes tortues qui viennent se rassasier de verdure. Le site est également connu pour la possibilité de croiser un Dugong.

Tortue

[fond orange]Le Dugong, ou vache de mer, est un mammifère marin herbivore appartenant à l’ordre des siréniens (comme les Lamentins). Ils vit en eaux tropicales, dans tout le bassin indo-pacifique, mais l’espèce est menacée (braconnage, hélices, filets, destruction des herbiers …). On estime la population mondiale à 50-90 000 individus, essentiellement en Océanie et dans le golfe persique. En mer rouge, il y aurait quelques milliers d’individus (2000 ? 4000 ?) dont quelques dizaines en Egypte.
[/fond orange]

Certes, on nous a prévenu, que le Dugong était rare sur le site. Non-vu pendant 2 ans, il a toutefois été observé 1 mois avant notre venue. C’est donc avec un minimum d’espoir que nous partons à l’eau. La plongée consiste à se partager le temps entre le récif sud et l’herbier.

Poisson-pierre

Glass-fish
Notre aller le long du récif corallien sera bien plus riche que prévue. Les coraux sont en bon état et l’endroit est poissonneux.

Nous verrons même un superbe poisson pierre posé sur le sable.

A l’extrémité du récif, les petites patates de corail se succèdent, rivalisant de curiosité à découvrir : poissons hachettes, nudibranches, rascasses volantes noires, tortue en transit… Un vrai régal.
Rascasse volante noire

Découverte du Grogong

Et puis, régulièrement, un coup d’œil vers le sable, là bas en direction de l’herbier, au cas ou … Et là, surprise ! Un gros nuage de sable se profile à l’horizon. Mon pouls s’accélère, je n’ose y croire, le Dugong serait-il donc au rendez-vous ?

Grogongs

Le nuage se rapproche, une ombre se dessine progressivement … et la déception s’abat sur moi !

Ce ne sont que 2 plongeurs, équilibrés comme 2 enclumes sans nageoires, remuant le sable à grands coups de palmes. De simples « Grogongs ».

La déception est double, car ce sont des plongeurs de notre groupe, et je ne suis pas très fier de cette observation.

Passé cet incident, nous traversons le sable dans l’autre sens et gagnons l’herbier. Après quelques minutes de prospection, la récompense est là : une tortue broute allègrement sans se soucier de notre présence. Puis une autre, beaucoup plus grosse. Séance photo. Les rémoras collés sur sa carapace sont tout à fait respectables. Puis c’est le tour d’une raie-guitare de traverser l’herbier en balançant de droite à gauche.

Grogong
Le temps approche l’heure de plongée, et pas de Dugong en perspective. Je désespère un peu, mais c’était sans compter sur Seb, l’œil vif, qui brutalement retire son embout et jette sa tête nerveusement sur le fond sablonneux en mimant les mouvements saccadés de broutement du Dugong !

Je suis pris d’un fou rire qui provoque de nombreuses entrées d’eau dans mon masque. Ce Seb est vraiment impayable.

Le Dugong restera invisible ce jour là. Mais nous aurons eu la chance de découvrir une nouvelle espèce : le Grogong. Tour à tour specimen à forte flottabilité négative générant un épais brouillard de particules, puis individu saugrenu et fougeux imitant à l’improviste le mammifère herbivore tant convoité.

La plongée se terminera avec encore quelques tortues en remontant progressivement vers la plage. Premiers à l’eau, nous sommes la dernière palanquée à sortir.

Alain, la tortue et le remora

Le Dugong n’était pas là, mais la plongée aura marqué tout le monde quand même. Belle expérience. A renouveler, très certainement. Et sacré Grogong !

C’est Noël sur le LEM!

Une petite équipe de plongeurs a installé une belle décoration lumineuse sur le LEM. La guirlande est reliée à la surface par un câble de 200 m, branché sur une batterie de voiture, placée dans une caisse en métal sur la plage.

L’éclairage provisoire devrait fonctionner jusqu’à début janvier 2010 puis sera complètement démonté.

L’effet est féerique et les petites lumières sont visibles et guident le plongeur depuis le Requin déjà, tout en ne consommant que 3~w !

De grosses lottes se montrent dans la douce lumière de l’engin.

Mais prudence, le Module se trouve à 45-48 m !

Christine, David et Michel de l’Aqua Sport Comtois sont allés faire un reportage, sous une neige incessante et importante..

L'accès de la plage de Boudry

Les préparatifs se font avec le sourire, malgré le froid.

La nuit tombe...

Nous inspectons un peu les installation à terre et lisons les sages consignes.

La caisse à batterie et les conseils

Le câble maintenu par des petits moulages en béton.

Puis, après un parcours en surface, sur des eaux clapotantes, c’est la descente dans l’eau à 6°.

Voilà les sapins, puis les Dauphins… C’est la bonne piste. On aperçoit le Requin à – 43 m, mais déjà une lueur nous montre le bon chemin, dans un eau très claire.

Lueur au loin...

Et c’est l’éblouissement… Avec de grosses lottes profitant du spectacle.

Petites LED dévoilant la stucture du LEM

Une douce lumière

lem5

Une dernière photo

Les paliers s’affichent : 1 min à 6 m et il faut remonter… D’ailleurs, David, en semi-étanche est maintenant impatient de rejoindre la surface.

David

40 minutes pour moi d’une plongée merveilleuse.

Première immersion

C’était un jour de septembre. A la recherche d’une nouvelle activité sportive à pratiquer, je discutais de plongée avec un collègue. Cela avait l’air tellement magnifique comme expérience : immergé sous des mètres d’eau cristalline, vous pouviez effleurer du bout des doigts la faune sauvage et dans un rayon de soleil, apprivoiser une troisième dimension … Le soir même un entraînement à la piscine était programmé : « Viens » me lançait mon ami, « tu peux faire un baptême. C’est gratuit, ça te fait une expérience, tu vois si ça te plais et si tu veux revenir, tu connais le chemin ! » Rendez-vous était pris. Lui ne pouvait être présent ce soir là, mais peu importe : bien que croisés batraciens, les plongeurs ne devaient pas moins en rester des hommes.

Mercredi, 20h30, piscine Mallarmé, mon sac de piscine à la main :
– « Bonsoir, je viens de la part de Stéphane. Il paraît qu’en demandant gentiment vous me feriez découvrir votre sport ?
– Heu, bah, on va te trouver quelqu’un … Michel ! Un baptême : tu prends ?
– Oh oui ça tombe bien j’avais rien de prévu ce soir ! Puis se tournant vers moi, salut, ça va ? T’as tes affaires ! Bah maintenant si tu veux ! »

Et voilà ! Pas compliqué ! Quelques minutes et une poignée de mètres, une bouteille à la main. Plus tard, Michel, avec un grand sourire, me tend un équipement : « Je te montre une fois et on installe tout cela ensemble. » Le gilet stab, la bouteille, le détendeur, les palmes, les masque, tout m’est prêté sur place. Quelques explications sommaires sont nécessaires, à propos du fonctionnement, de la communication, du comportement sous l’eau … Et nous voici dans l’eau !
bapteme2

Toujours très soucieux du bon déroulement de la séance Michel ponctue régulièrement chaque étape d’un « Comment çà va ? » et explique le déroulement de la suivante. Enfin arrive le moment tant attendu : le détendeur en bouche, debout dans l’eau fraîche de la piscine qui clapote à hauteur de mon nombril, nous allons plier les genoux pour nous immerger totalement !

Sous l'eau

Instant magique : mes expérience passées mon déjà amenées à respirer au travers d’appareils similaires. Mais le passage à l’eau, comment cela va-t-il se passer ? Poitrine encore à l’air pur je ventile normalement. Je descend. Je sens la progression du liquide le long de mon corps. Je ne lâche pas le regard de Michel (un peu comme ton binôme en parachutisme : à ce moment là tu l’aimes ton moniteur). L’eau monte encore, j’y vais franchement et me convainc de la fiabilité – éprouvée – du matériel. La bouche et le nez sont sous la surface que je vois défiler vers le haut à travers le masque. J’ai l’impression d’avoir les yeux collés à un aquarium que nous serions entrain de remplir. Sauf que là le poisson : c’est moi ! Mais moi je ne suis pas un poisson ! alors par réflexe, je bloque …. Un instant passe. Il semble durer des secondes entières. Je réfléchis : « y’a deux secondes t’étais dehors ça marchait. C’est fait pour aller sous l’eau et t’es sous l’eau. Vas-y ! Inspire ! » Je tente ma chance : ÇA MARCHE ! Incroyable cette sensation. Je suis sous la flotte et je respire aussi facilement qu’a l’air libre. Regard confiant de mon compagnon : c’est parti ! »

Au dessus de nous, les autres s’entraînent et enchaînent les longueurs ou les exercices. De temps en temps un nageur nous salue ou un plongeur vient faire une petit pirouette à notre proximité. La séance se déroule merveilleusement bien ! Au hasard d’un coup d’œil, que voilà donc que cela ? Au milieu d’une piscine au XXIe siècle ?! Un « pieds lourds »|Article de l’ASC : « Les Pieds Lourds » ! Un scaphandrier « à l’ancienne » : semelles de plomb, combinaison pressurisée et le célèbre casque de cuivre posée sur les épaules. Me voilà dans « Tintin et le Trésor de Rackham le Rouge » ! Un rêve de gosse !

La plongée durera une vingtaine de minutes. J’ai déjà envie de recommencer. Nous nous déséquipons, nous remettons en état le matériel et rangeons. Après une bonne douche nous nous retrouvons tous devant la piscine. Mon grand sourire ne passe pas inaperçus : « Alors ! Comment ça s’est passé ? », « Ça t’as plus ? », « C’est super hein~! » et déjà « Tu veux revenir ? ». Hé bien… Pourquoi pas me disais-je. « Allez : viens avec avec nous boire un coup au local, tu vas nous raconter tout ça ! »

Et voilà. Rien de plus simple ! Ça et quelques papiers et j’étais intégré à la nouvelle promotion de niveau 1. Un an plus tard je suis encore là !

Ludo